lundi 18 décembre 2017

ith yaala,mon beau village: Les trésors cachés d’ith Yaala

ith yaala,mon beau village: Les trésors cachés d’ith Yaala: PORTES ET COFFRES DES BENI-YALA « À Guenzet, et plus largement, sur le territoire des ith Yaala, circulait un adage : au pays des beni Y...

Les trésors cachés d’ith Yaala


PORTES ET COFFRES DES BENI-YALA
« À Guenzet, et plus largement, sur le territoire des ith Yaala, circulait un adage : au pays des beni Yaala, poussent les ulémas, comme pousse l’herbe au printemps. »
Les forets qui dominent les villages des beni Yaala sont essentiellement composées de chênes verts, et dans un moindre degré de pins d’Alep. Certains documents romains font aussi état de la présence de cèdres sur les hauteurs.
Les artisans d’autrefois n’avaient à leur disposition que le pin d’Alep et le cèdre pour les travaux de menuiserie. Le pin d’Alep est un bois clair, franc. Légèrement dur, se travaille facilement au rabot, à la scie et au ciseau.il se prête bien à la sculpture et accepte sans problème la teinture et la cire.il convient d’ailleurs à merveille à l’apprentissage de la menuiserie.
Le cèdre, autre bois résineux, est plus joliment veiné et un peu plus dur que le pin d’Alep, à son tour il se travaille bien, lui aussi au rabot, à la scie et est idéal à la sculpture, résistant à la pourriture et aux parasites mais il est volontiers cassant et fendant .il suffit d’un coup de maillet appliqué de travers sur le bédane (proche du ciseau) ou un tenon légèrement fort et c’est l’éclatement de la mortaise.
Chez les beni Yaala, le pin d’Alep occupe une place prépondérante dans la fabrication des portes et essentiellement dans la confection des coffres. Tous les coffres répertoriés étaient en pin d’Alep, jamais en cèdre. Alors que selon un constat avéré, une exposition des bois durant un demi-siècle ou plus, aux intempéries, rendent quasiment impossible la distinction du moins à la première vue le cèdre du pin d’Alep.
M. Gast, y voit deux (2) raisons à cette affinité, qu’il qualifie d’ordre historique et culturel !mais bien d’autres raisons peuvent êtres évoquées, particulièrement d’ordre pratique car le cèdre est impropre à la conservation des aliments et transmettait également son odeur particulièrement aux laitages. Alors que rien de tel ne se produit avec les garde-manger en pin d’Alep. Les écoles professionnelle de Lafayette ont fait la désagréable expérience en utilisant le bois de cèdre dans la fabrication de plusieurs garde-manger comme la constaté Mr Louis-Robert Gordon durant les années cinquante.
Il faut dire aussi qu’en ces temps-là, les coffres ne servaient pas seulement à ranger les robes, les bijoux de femmes et parfois des armes. Mais, ils servaient également à cacher les mets succulents à l’abri des mouches, des chats et surtouts de jeunes enfants.
Le dernier menuisier-huchier (menuisier spécialisé dans la fabrication des huches et des coffres) des beni-yaala est un nommé Ben Atmane Ali* (Axxam Ubenathmane ?), et qui résidait à Guenzet vers les années quarante Les Ben Atmane étaient des artisans de père en fils. Ali devenu à son tour menuisier-huchier, se déplaçait avec son outillage de village en village, s’installait chez les clients pour la durée des travaux qui lui étaient commandés. Selon la coutume il y était nourri, logé et recevait en outre une paie en nature ou en espèces. Ali se chargeait d’abord avec l’aide une tiers- personne ,généralement un proche, du débitage des arbres en madriers et en planches selon ses besoins .puis il entrepose les matériaux chez lui en attendant de les utiliser.
Afin d’obtenir un bois convenablement sec, l’artisan doit respecter certaines règles héritées des traditions du métier, à savoir ,attendre environ huit mois pour chaque centimètres d’épaisseur avec le pin d’Alep et un peu plus avec le cèdre et la condition d’empiler soigneusement les planches de bois en intercalant entre chacune d’elles des liteaux pour assurer une bonne ventilation et éviter les éventuelles déformations reconnues dans la plus parts des coffres disjoints avec des pieds tordus et gauchis .
Selon les témoignages recueillis et le constat fait par Mr Gast, que se soit chez les Béni-Abbes, ou les beni Yaala, les artisans procédaient généralement de la même façon, et par des raisons de commodité, ils fabriquaient chez eux toutes les pièces constitutives des coffres, sculptées et peintes, puis les transportaient à dos de mulets chez les clients où ils les assemblaient. Pour les portes, il en allait tout autrement, car ses dimensions devaient correspondre exactement à celle du passage à fermer. Donc l’artisan était contraint de tout faire sur place, de la construction, la décoration à la fixation des deux vantaux, travaillant en étroite collaboration avec le maçon surtout pour la préparation et mise en place des pièces du linteau dans lesquels s’engageaient les pivots de la porte et le pêne (pièce mobile de la serrure) du verrou en bois.
Les artisans de ben Yaala utilisaient particulièrement deux (2) anciens outils : l’herminette (Tagelzimth n’jara) et le vilebrequin (Tabernint).
L’herminette, un outil que tous les kabyles en étaient munis, servait en même temps de pioche et de hache. Elle comporte deux parties finement forgées et tranchantes, l’une parallèle au manche de l’outil sert de hache, l’autre perpendiculaire comme d’une binette, servait à ébaucher le corroyage des planches (ensemble d’opérations qui consistent à dégrossir le bois). Quant au vilebrequin, minutieusement décrit dans l’ouvrage de M.Gast et Y.Assié, comme étant visiblement inspiré du vilebrequin européen. L’outil quoique rustique était particulièrement ingénieux composé d’une tige de fer ronde de 8à 9 millimètres de diamètre ,plusieurs fois coudée en forme de manivelle avec les deux extrémités arrangées en forme de forets et affutées afin d’ obtenir des trous pour chevilles, et des avant-trous pour les grands clous de fer.
L’artisan de ben Yaala utilisait évidement aussi le marteau et le couteau, outils de première nécessité, mais également le compas, la pointe à tracer, et dans les derniers temps le trusquin, l’outil de traçage. Les artisans se procuraient se dont ils avaient besoins de Bougie, non produits sur place, par l’intermédiaire des relations ou des colporteurs : scies, limes, râpes à bois, clous de tapissiers à tète de laiton ou de fer, et les gros cadenas de coffres appelés « serrures de bougies ».
Les coffres de ben Yaala
La plus part des coffres fabriqués à ith Yaala révélaient du pin d’Alep (Abouleg, Taida) pour des raisons citées plus haut. Il s’agit d’une caisse en bois, généralement de forme parallélépipédique et qui repose sur quatre gros pieds de bois massif. Le couvercle plat posé sur la partie haute, articulée sur des charnières en fer forgé.
Les flancs comportent deux planches de 30 à 40centimetres de large, tandis que les planches des cotés sont disposées comme celles de la face et du fond. Le dos est toujours plaqué sur le mur, ainsi il n’est jamais visible car dépourvu de décors, l’ensemble est encastré et cloué.
Ce meuble ainsi monté étant fragile et rigide, il alors renforcé par des bandeaux de bois qui encadrent des panneaux verticaux cloués sur la façade et les cotés sur lesquels sont peintes, sculptés des figures géométriques simples et complexes, des rosaces et des ajours qui laissent passer l’air et lumière. Quant au fond du coffre, formé d’une planche s’appuie aux les quatre coins sur des entailles creusées horizontalement sur les pieds, et soutenues par des entretoises clouées.
A l’intérieur de la caisse, un coffret est aménagée du coté droit ou du coté gauche qui joue le rôle du tiroir (leqjar), ou boite à bijoux.
Certains coffres possèdent des aménagements particuliers : double-fond, cache d’armes.
Les coffres sont agrémentés de couleurs chatoyantes, rouge vermillon, noir et jaune, de gravures, peintures et sculptures variées, sur les panneaux rapportés sur la façade et les cotés.
Ces décors varient constamment d’une pièce à une autre car chaque meuble se veut une pièce unique avec de légères constantes régionales qui semblent être l’expression du savoir –faire d’un artisan et de sa famille, qu’un style consacré et généralisé. Sans être une école ou bien une référence, cet art rural très fortement géométrique ou dominent les figures rectilinéaires simples (trait, chevron, croix, carré, triangle, losange), de figures curvilinéaires (cercle, ovale, palme, foliole, fleuron, bouton) et surtout le motif très particuliers propre au coffre Kabyles « la frise florale », des motifs qui perdurent depuis l’époque néolithique. G. Camps (1987, p. 11).
Les portes de ben Yaala
A Ben Yaala, les différents éléments d’une maison d’habitation s’ordonnaient autour d’une cour qui communiquaient avec l’extérieur par une porte à deux vantaux, assez large pour permettre le passage sans trop d’encombre des personnes et des animaux. Chaque vantail comportait un bâti composé de 2 montants de 10 à 12 centimètres de largeur sur 7à 8 cm d’épaisseur et de 5 à 6 cm de traverses de même section. Assemblées par des tenons et mortaises en bois,chevillés.
Les deux extrémités d’un montant, arrondies en forme de cylindre, servaient de pivots à la porte .l’extrémité supérieure s’engageait dans un trou cylindrique pratiqué au-dessus, dans le linteau, tandis que l’extrémité inferieure portant une ferrure (paumelle), tournait dans une crapaudine de pierre scellée dans le sol (pièce qui permet de faire pivoter le portail).
Le parement extérieur de la porte étant formé par des planches de 25à 30 centimètres de largeur sur 2.5 cm d’épaisseur, assemblées bord à bord et clouées sur le bâti par de grand clous de fer forgés. Les interstices étaient recouverts par des couvre-joints.de 6à 7 centimètres de largeur. Un gros verrou de bois en position verticale, fixé sur l’un des vantaux et assurait la fermeture du portail.
Le verrou de fermeture était intelligemment conçu, composé d’une longue pièce de bois coulissant entre les traverses supérieures du bâti et dont l’extrémité ayant une forme de tenon s’engageait au moment de la fermeture, dans la mortaise (un trou dans le bois) pratiquée dans le linteau (la partie supérieur de l’encadrement de la porte).sa partie médiane garnie d’une pièce articulée qui par un mouvement de rotation permet de libérer ou de bloquer le verrou en position haute pour la fermeture de la porte. Celle –ci s’ouvrait vers l’intérieure car le rebord du linteau en haut et une rangée de pierres enfoncées dans le sol empêchait la porte de s’ouvrir vers l’extérieur. Comme l’indique le schéma ci-dessous.
Un des vantaux était fréquemment percé d’un portillon bas et cintré .équipé d’un un petit verrou semblable à celui du vantail et d’un heurtoir (marteau de porte) en forme d’anneau fixé sur une demi-sphère qui permettait aux visiteurs de signaler leur présence.
Ces portes étaient de véritables chef-d’œuvre, décorées de motifs, formes, et sculptées, aux couleurs vives ou dominent le rouge, et le noir avec quelques variante de jaune .des rosaces, demi rosaces, des fibules qui s’ordonnaient verticalement et reliées par des chainettes faites d’entailles triangulaires, entrecoupées par des frises qui traversent horizontalement la porte.les couvre-joint également décorés de chanfreins, rainures, et d’entailles.
La surface libre est entièrement teinte de couleur rouge dans laquelle sont incrustés de petits cercles soulignés d’un trait noir représentant des yeux en rapport avec les cultes ancestraux destinée à chasser « le mauvais œil ». Toutes les couleurs étaient obtenues localement par un procédé de broyage de pierres (sels métalliques) auxquels on y ajoutait du blanc d’œuf. La couleur jaune provenait des roches de la montagne de « Thilla » et le noir était à base de suie.
BIBLIOGRAPHIE
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-BENICHOU-SAFA R H., Les tombes puniques de Carthage. Topographie, structures, inscriptions et rites funéraires, Études d'Antiquités africaines, CNRS, Paris, 1982, 438 p.
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-CAHE N E., « Sarcophages », Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines d'après les textes et les momuments, sous la direction de Ch. Daremberg et E. Saglio, Paris, Hachette, 1877, t. IV, pp. 1064-1075.
- CAMP S G., Berbères. Aux marges de l'histoire, Éditions des Hespérides, Toulouse, 1980, 352 p. Réédité sous le titre Les Berbères, Mémoires et identité, Éditions Errance, Paris, 1987, 260 p.
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-CINTA S P., « Deux campagnes de fouilles à Utique », Karthago, II, 1951. Idem, Karthago VII, 1956, p. 206.
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-GOBERT E.G. et CINTA S P., «Smirat», Revue tunisienne, 1941, pp. 83-121.
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- MARCÁI S G , Matériaux pour un catalogue du Musée de Mustapha. Note sur un coffre kabyle. Revue africaine, LXVIII, 1927, pp. 92-98.
- MERLI N A., « Découverte d'une cuirasse italiote près de Ksour-es-Saf (Tunisie) ». Fondation Eugène Piot, Monuments et mémoires. Académie des Inscriptions et Belles Lettres, t. 17, Paris,
L.Ouali decembre 2017

lundi 9 octobre 2017

les ith yaala (ceux d'en haut)


origine de guenzet
Lorsque, Yaala, le père fondateur d’ith Yaala n’tzemmourine par opposition à ith Yaala de Bouira (Touviret), qui possédait autrefois des biens aux portes de la ville la Qalaa Béni Hamed, aujourd’hui M’sila. Avait senti le danger venir, il décida avec ses proches en l’an 1061 de quitter pour toujours la citadelle, il se dirigea alors vers le nord fuyant ainsi les hommes aux méharis de banou-hillal.
Apres plusieurs jours de marche, ils aboutissent d’abord à un endroit appelé Chertioua (territoire actuel des Ouled Dahmane, descendants des banou hillal), qu’ils quittèrent précipitamment en raison de l’insécurité qui régnait.
Ils s’arrêtèrent enfin à un emplacement qui répondait aux désirs de Yaala, appelé « Louta n’Yaala » et qui porte toujours son nom.des terres qui appartiennes actuellement au nommé Guessoum Rabie dit Rabie u Seid de Taourirt Yacoub. En ces temps-là à la périphérie de Taourirt Yacoub, il y avait des « Nezouat » petits hameaux des autochtones : les Ait Ahmed Ouyoucef l’actuelle Lahdada autrefois amdoun ihaddaden(le bassin des forgerons) et les Zata (Anzaten) à tizi n’Zata non loin de l’actuel Zati. Yaala chercha alors une alliance avec ces familles.
A la mort de Yaala, enterré dans son mausolée qui se trouve aujourd’hui entre Taourirt Yacoub et Guenzet. Parmi les sept fils, six abandonnèrent cette clairière pour s’établir au milieu des hameaux où résidaient probablement les beaux-parents.
Les sept enfants de Yaala étaient :CHERARA ,ZERARA (on retrouve le nom à lahdada),SEID ,ABDERAHMANE (Tanaqoucht),MEDJBER(tizi medjber dite aussi Thighilt Taberkent),YACOUB (Taourirt Yacoub, qui englobait Taourirt Yacoub proprement dite, appelée également Taourirt Tamouqqrent,Ighil Hamouche-la crête des Hamouche-et Abadh ou Taourirt Tamezzyant en référence à la source découverte par le bouc de Yaala) et enfin YOUNES (Ouled Younes, dit le groupe de Chrea avec Foumlal.(Mouloud Gaid in les Ben-Yaala).
Guenzet le village actuel, n’était que des « Nezouat »qui veulent dire hameaux éparpillés dans les bois.
Et le nom de Guenzet, derive t-il de Nezouat ou Zata (Anzaten) ?
l.ouali octobre 2017

samedi 16 septembre 2017

Dda Abdellah, la mascotte du village


Une pensée envers ces gens qui ont perdu l’esprit
Dda Abdallah, le fou du village, une figure qui alimentait l’imaginaire collectif, car autrefois un village n’en était pas un, s’il ne possédait pas son propre fou ! Et Dda Abdallah, en est la mascotte du régiment, un personnage essentiel qui rythmait la vie au village.
Si les villageois pouvaient rire et s’amuser de ses histoires, comme bon leur semble, il n’en est pas possible pour les étrangers qui ne pouvaient pas se payer sa tete.car si les inconnus se moquaient de lui, c’est comme s’ils se moquaient de tout le village.
Au village, on l’appelait « Abdallah Bou chek chouken » (celui qui ramassait les pièces usées).tout le monde le connaissait, et tout le monde était son ami. Le collectionneur de babioles, gros, petits et de toutes sortes, avec son habillement excentrique, burnous, gandoura, été comme hiver, coiffé d’une chéchia décorée de meilleurs objets trouvés et équipé pour la circonstance d’un instrument métallique en guise d’arme en bandoulière.
Le voila, tôt le matin, parcourant le village de long en large à travers ses ruelles et ses recoins bien particuliers, tels les cafés et les dépotoirs « aghoudi l’djemaa » à la recherche de bricoles de toutes natures, mais il jetait son dévolu sur les pièces métalliques et les objets tordus ,surtout les capsules de bouteilles de soda qu’il rafistolait et redressait chez son ami le forgeron du village Hakim Uchargui pour ensuite confectionner des accessoires fabuleux comme les porte-clés et les boucles d’oreilles qu’il épinglait sur ses vêtements.
Dda Abdallah avait passé toute sa vie à collectionner ces choses concrètes perceptibles et fantaisistes chères à ses yeux.il faut voir l’excitation et l’émotion qu’il dégageait à chaque fois qu’il tombait sur un objet peu ordinaire. C’est un véritable comportement d’adoration, voire quasi névrotique, qu’il faut aller chercher probablement dans sa petite enfance où le pouvoir de l’objet transitionnel lui permettait de soulager sa peur de la solitude. Ainsi son gout pour ces objets contrebalançait entre les traumatismes d’une enfance sans amour, où ceux subits lors de sa participation à la seconde guerre mondiale en Allemagne et pour contre carrer ce manque affectif, ses sentiments se portaient inéluctablement sur un objet fétiche.
Dda Abdallah NIth Ammar, était un homme solitaire qui vivait dans son monde à lui, sans déranger personne et sans jamais vivre loin des siens. À cette époque les gens refusaient d’enfermer les fous, pour des raisons religieuses, de dignité et de moyens aussi. Leur intégration au sein de la collectivité était considérée comme thérapeutique.
Il faut dire, qu’en ces temps-la, presque dans chaque famille ou à la rigueur dans chaque hameau il y avait un fou. Abdallah NIth Ammar, Abderrahim Uabbas, l’ Bachir NIth Bahmed, à Tanaqoucht, Si- Smail à Aghdane Salah et bien d’autres qui hantaient de jour comme de nuit les villages environnants.
Ces personnages, psychologiquement perturbés, qui ont perdu la raison, exclus de la société, ceux-là qui entendaient des voix que personne n’entendait, voyaient ce qui n’existe pas, parlaient un discours en rupture avec la norme.et leur intégration dans la société est synonyme de réactions tantôt cruelles, tantôt protectrices, car ils restaient des marginaux, vus comme des êtres bizarres, et la peur de l’étrange, sœur de la différence, des simplets, les innocents du village.
Ces gens qui ont perdu l’esprit, des personnages particuliers voire mythiques qui paradoxalement occupaient un rôle central dans la population.il jouaient le rôle ingrat, bien que nécessaire en étant le repère de la normalité des gens du village et qui les rassuraient qu’ils sont bel et bien sains d’esprit.
Aujourd’hui la folie n’existe plus, transformée en maladie depuis que ces laissés pour compte ont mis les pieds dans les hôpitaux psychiatriques. Notre professeur de médecine en plaisantant nous disait que le premier patient d’un psychiatre c’est lui-même et Freud considérait que personne n’est entièrement normal.
Un jour, un des neveux de Dda Abdallah, Nadir, voulant lui faire la morale, en lui reprochant son attitude obsessionnelle à ramasser des frivolités.il répondit d’une façon nonchalante et empreinte de sagesse :
-« on ne siffle pas à une personne qui a soif ! »
Pour dire et signifier à l’autre et à tous que le mal est tellement profond et réside dans un besoin réel, naturel et vital : L’amour, un sentiment qu’il n’avait jamais eu durant son enfance, lui qui aimait réciter tel une prose ou un quatrain rimé, la phrase : »iwallah,iwallah,dadakh abdellah ! » En tapant vigoureusement sa main sur sa poitrine.
Dda Abdallah, la mascotte du village, avait une habitude assez particulière, réglée comme un rituel religieux, qui se répétait de manière précise, au même moment et à la même période où il procédait à un grand ménage annuel en faisant le tri et en se débarrassant des objets ramassés durant des mois. C’est alors que tous les voisins et les proches se précipitent avec engouement vers la demeure de Dda Abdallah à la recherche de l’objet rare et la chance sourit parfois à certains d’entre-eux.une bague d’or par-ci, des billets de banque par là, et bien d’autres objets de valeurs.
Lorsque Dda Abdallah avait sentit venir sa mort, il décida spontanément et d’un coup de tête pour l’unique fois de sa vie à peindre sa chambre et d’installer l’électricité, lui qui avait passé toute sa vie éclairé par une bougie !et quand le jour arriva, les villageois ont eu la surprise de découvrir, Dda Abdallah impérialement allongé sur son lit de mort, propre, imperturbable, la chambre impeccablement peinte baignant dans des couleurs et des lumières.
Dda Abdallah était le premier époux de Tassadit NIth Bahmed, avant qu’elle ne divorce, toutefois, elle garda un lien fraternel , en lui prodiguant les soins et l’affection dont il avait besoin. Elle avait pris pour second conjoint son cousin germain Amar (Dda Mara) NIth Bahmed avec qui elle eu deux enfants, le défunt Abdelkrim, l’électricien et Hamid, le chauffeur de taxi.
Ps : Dda Abdallah avait un ami intime, Aissa Bachir dit Mordjane, (n’Tahar Ouslimane), une personne avec qui, il s’entendait à merveille, j’ai eu le plaisir de le rencontrer, en lui expliquant mon souhait de rendre hommage à Dda Abdallah et à travers lui à tous les malades mentaux du village. Je lui ai demandé alors, la photo qu’ils avaient prise ensemble afin de l’adjoindre à mon article.la photo qui était durant des années exposée dans leur café à disparue depuis. Aucune trace malgré nos innombrables recherches. Au dernier séjour à Guenzet, on m’a orienté vers une autre personne, et je découvre par un pur hasard son fils, Sofiane Yahi, un gentil garçon à daou el kahoua (au dessous du café), qui m’a confirmé en sa possession la fameuse photo de Dda Abdallah qui n’a d’ailleurs pas pu retrouver.. Plus tard, en janvier 2018, son cousin, Dda haya NIth Ammar me remet la fameuse et l’unique photo de Dda abdallâh.que dieu ait son âme.
l.ouali septembre 2017<>

lundi 14 août 2017

Hamid,le porteur d'eau


Hamid Ouamane
Hamid ouamane (Smail), originaire de Timenqache (les parcelles cultivables à la pioche), le pompier de Guenzet quand elle a soif, il approvisionne le village en eau douce surtout en période estivale, et quand l’eau vient à manquer.
Depuis des années la daïra de Guenzet souffre de manque d’eau en dépit de la disponibilité, plus au moins de cette source hydrique à travers les fontaines qui coulent toujours.la distribution est capricieuse et avare, l’eau n’est disponible qu’une fois tous les 3 jours, juste pour une petite heure. Et pour atténuer leur soif, surtout en ces temps de canicule, la plupart des riverains recourent à l’achat du précieux liquide à raison de 1000 à 1500 Da la citerne .c’est alors qu’une idée de génie a germé dans la petite tète de Hamid en louant les services d’un sourcier et forer sur ses terres à la recherche de l’eau.sa ténacité et sa clairvoyance en eu gain de cause en réalisant une sonde, un véritable puits propre à lui avec un bon débit. Depuis notre ami a fait du transport d’eau son métier et prend ainsi le surnom de Hamid Ouamane.
Autrefois, le problème de l’eau était l’affaire des femmes, comme la djemaa était aux hommes, la fontaine était aux femmes. Ou comme disait l’autre si la Kabylie est un corps humain, la fontaine en serait le cœur. Remplir, transporter, de l’eau, à midi aux heures des méridiennes torrides, et aux premières lueurs de l’aurores, dans des amphores, cruches, bassines, bidons, était une activité au quotidien. Puis vint le temps des hommes à aller chercher cette marchandise à dos d’ânes et de mulets quand les sources se tarissent.
Maintenant, que les fontaines en Kabylie sont en voie de disparition et avec elles disparaissent les réseaux sociaux pour les femmes. Car chez –nous la fontaine est une expression de liberté et de bien-être d’une société. L’eau, tout comme la femme, c’est la vie.
Il faut voir dans l’expression, d’une femme avec une cruche d’eau, une symbolique d’une fusion créatrice. La présence de la femme à une fontaine est aussi un défi à la dominance masculine, et l’établissement de l’équilibre dans une société patriarcale et la fontaine fut également l’espace propre à la femme kabyle ou elle peut librement s’exprimer.
J’oserais dire qu’une fontaine sans femmes est l’abnégation de la vie.la victoire de la laideur sur la beauté, de l’absence sur la présence, C’est éminemment un lieu de savoir, où le l’oralité des vieilles femmes est transmises aux plus jeunes.
Hamid, fait autant avec son tracteur garni d’une citerne, pour que l’eau commune et indispensable à tous devint une marchandise, il fait de ce travail un gain pain, mais aussi une façon de perpétuer le traditionnel métier de porteur d’eau, et un moyen de tisser et d’entretenir les bonnes relations avec les villageois.
Un bonjour par –là, une salutation par-ci, un arrêt spontané à la demande et le voila avec son carnet bien garni à la main, soigneusement entretenu, pour porter commande et donner des rendez –vous qui sont d’ailleurs scrupuleusement respectés.
Hamid est un homme riche, non pas en biens puisqu’il possède une belle demeure dans une grande agglomération, mais il a préféré vivre parmi les siens et leur être utile.dynamique, il est toujours près à étancher la soif des riverains, et répondre aux demandes en eau de la population qui pour les besoins de la construction, de fête, ou autres, même si le thermomètre dépasse ou chute allègrement les températures saisonnières.
Infatigable, imperturbable, car tous les porteurs d’eau qui végétaient dans le village ont sciemment abandonnés, seul Hamid ,debout tel un olivier millénaire a courageusement résisté aux aléas du temps et des hommes pour prospérer dans cette richesse du pauvre.
Hamid est un bonhomme vivant, souriant, toujours sur son trente et un, serviable à souhait et aux petits soins avec la clientèle surtout envers la catégorie seniors à qui il donne la priorité, lui qui répète sans cesse à qui veut l’entendre … « place aux hommes et aux bétails », Car lorsqu’on lui avait fait commande à notre tour de nous approvisionner en eau, pour l’arrosage des plantes afin de les prévenir contre l’excès de chaleur, sa réponse fut nette et sans appels :
-« en ce temps de disette, la priorité va aux humains, quant aux arbrisseaux, ils peuvent espérer les lendemains meilleurs. »
Hamid, le pompier, le porteur d’eau, le porteur de vie d’ith Yaala, Je te salut l’artiste.
L.OUALI AOUT 2017

jeudi 3 août 2017

"moukoum"


"Moukoum"
C’est dans la djemaa, « Asquif l’djemââ »,ou le toit de l’assemblée, à la mosquée laaraf,ce lieu mythique d’autrefois où se rassemblaient les gens pour débattre de la vie sociale et économique du village ,ce même lieu ,déplacé depuis vers la nouvelle mosquée el Qods à Ighil Laarbaa,(la crête du marché hebdomadaire de mercredi ) est continuellement accaparé durant les grandes vacances d’été par les jeunes et les moins jeunes pour se rappeler les histoires d’autan.
Les nouvelles apportées, les souvenirs racontés et rabâchés étaient écoutées par tous avidement pour êtres commentées par la ensuite, dans un brouhaha indescriptible avec lenteur, pour les faire durer plus longtemps, car il faut bien qu’on ait de quoi s’entretenir pour faire passer toutes les soirées d’été.
Mais ce soir –là, contrairement à l’habitude, la conversation, toujours si animée, tomba peu à peu, jusqu’a ce qu’on n’eut plus rien à se dire. Les yeux fixés à terre. Le silence, de plus en plus prolongé, et qui emplissait du ronflement de deux vieillards restés à l’écart dans un coin de la mosquée.
Et puis quelqu’un toussa si fort qu’il rompit le silence, l’assemblée comprit vite qu’il allait raconter quelque chose et chacun se met à s’approcher davantage plus prés de lui. On s’agglutine, on s’entrechoque, on allume les cigarettes, on tire sur le mégot, et les premières bouffées créèrent instantanément l’atmosphère nécessaire au récit. C’est par cette façon, que l’auditoire marque son grand désir d’écoute.
La voix du conteur monta alors lentement, en devenant de plus en plus pleine, remplissant le silence qui régnait. Même les deux vieux qui somnolaient se réveillèrent brusquement et se rapprochèrent pour écouter
« Vous n’avez pas connu, vous autres,’Moukoum’, l’orgueilleux? Dit le conteur.
Normal, vous êtes trop jeune.il faut croire qu’il n’aimait pas la compagnie et qu’il n’aimait pas du tout le village, sur qui d’ailleurs il ne comptait pas pour le faire vivre, quoique entre les gens du village, on s’entraide mais on ne se fait point de charité. Alors il partait de bonne heure, tous les jours, surtout au printemps la saison qui lui permettait de voyager et de faire sa tournée de travail, au pas et de revenir s’enfermer pour l’hiver. Il partait sans monture, juste sur ses pattes longues et raides depuis qu’il avait vendu son vieux mulet qui n’avait jamais appris à bien trotter !
Moukoum, était un homme rempli d’orgueil et d’amour excessif de soi-même, celui qui cherchait des difficultés pour avoir le plaisir de contester même dans rien, au lieu de se soumettre au principe prouvé .indomptable, insoumis, ombrageux et particulièrement méfiant.il n’était jamais d’accord avec les gens du village.
En tous les cas, voici ce qu’il est arrivé, et c’est ’ Moukoum’ lui-même qui nous l’a raconté.
Un jour, l’orgueilleux s’est aperçu qu’il n’avait pas encore de quoi vivre une semaine.mon dieu, quel désastre ! Il aurait du aller trouver quelques amis qui se comptaient sur le bout des doigts ou ce qu’ils semblaient l’être, ou l’imam du village ou bien monsieur le maire pour leur expliquer son affaire !mais vous connaissez bien ce que c’est qu’un orgueilleux, il a du sang orgueilleux qui coule dans les veines, donc trop fier pour faire le quêteux. «
Et le conteur se tut un instant pour rallumer une autre cigarette et tirer une touche et toute l’assistance fit autant, vivement intéressée par la suite de l’histoire.
« Alors, dit le conteur, qu’est-ce qui restait à faire à un campagnard comme lui, opiniâtre jusqu’aux os ?pouvait-il donner sa tête à couper et consentir à mourir de faim ? Pas du tout, cela n’arrive qu’aux braves gens. Vous le devinez, hein ? Un beau jour, pas forcement comme un jour de printemps, claque la porte de sa maison, et part tout seul et à pieds pour aller quêter du travail dans une petite tournée au pays des « arabes »(les hautes plaines).il se trouve que notre ami, le vieux lascar, un dur et un pur berbérophone, ne savait ni lire ni écrire et il ne parlait pas un traître mot d’arabe !quelle galère !!!!
Le voila donc parti !en laissant femmes et enfants seuls ou presque, car au fond de lui-même il comptait malgré lui, sur la pitié et l’empathie des villageois. Après tout, le voyage était incertain et sur qu’il n’allait pas revenir au bout d’une semaine.
Au bout de cinq jours de marche, il s’est mis à tomber une neige terrible, à en croire les vieux, elle l’a considéraient alors comme une vraie punition divine vue son abondance. Nuls ne pouvaient déblayer, ni ouvrir les portes, d’après les dires, il fallait sortir une gaule à travers les toits pour pouvoir repérer les maisons.
on racontait qu'il faisait tellement froid, que les clous des portes et charpentes cassaient, et dans l’impossibilité de sortir, les gens ont du brûler leurs meubles et tout ce qu’il y’avait dans la maison pour se chauffer.
Le conteur s’étant tu, une seconde fois pour reprendre du souffle, et accorder un laps de temps, juste quelques secondes à l’apitoiement. Mais l’auditoire, anxieux, impatient de connaitre la suite, demanda fébrilement :
qu’a t –il advenu de notre orgueilleux ?
Entre deux bouffées de fumée le conteur répond distrait :
Il s’est retrouvé par miracle au abord d’un village, complètement exténué et affamé. Il a eu la vie sauve grâce un concours de circonstances qui coïncidait avec le décès d’une personne dans le village ou il n’y avait pas d’imam pour réciter le coran sur le mort.il fut accueilli et nourri en contrepartie de jouer le rôle de l’imam, lui qui n’a jamais fréquenté l’école ni appris un quelconque verset coranique.
Il avait passé une partie de la nuit à psalmodier et à réciter sur le mort avec des mots que lui seul connaissait la signification. Des mots aussi bizarres qu’étranges, qui se terminaient par « moukoumou » en référence aux mots arabes dans leurs terminaisons plurielles « koum » d’où le sobriquet de notre homme orgueilleux Moukoum ».
Et le silence reprend ses droits, de plus en plus prolongé, jusqu’a ce qu’une autre personne, toujours sur le même refrain, fait mine de tousser pour annoncer une nouvelle histoire. Sans tarder, une personne toussa et dit : vous vous rappelez de « dine lakroumb ? ».
l.ouali aout 2017
les contes de mon village

samedi 8 juillet 2017

ils l'ont fait


ils l'ont fait (à Ghilas)
Les étudiants et les étudiantes de l’université de Boumerdes, ont crée l’événement ce jeudi 06/07/17 en célébrant la fin de leur cursus universitaire en organisant pour la première fois de l’histoire une collation de grade ou cérémonie de remise des diplômes aux laureats de la 3eme année licence des langues étrangères.
Ils étaient nombreux les présents à la salle des conférences de l’INIM, du recteur, au vis recteur aux chefs de département, aux enseignants aux parents d’élèves, tous étaient ravis de l’initiative audacieuse et chaleureuse prisent par les étudiantes parées ce jour-là de leurs plus beaux habits. Elles ont innovés pour la circonstance, comme il est d’usage dans les pays anglo-saxons de revêtir un vêtement, appelé toge, une sorte de robe universitaire et d’un couvre-chef dit mortier ou toque, porté bien à plat sur la tête, presque toujours de couleur noire.
Ce chapeau de diplômé tire son nom, par analogie de forme, des récipients servant à broyer des substances chimiques, il est d’usage depuis le moyen-âge pour marquer la fin des études universitaire et reste encore un rite qui démontre le passage d’un finissant au rand de diplômé.
L’ouverture s’est faite dans une atmosphère solennelle et chargée d’émotion mais aussi dans la joie et la bonne humeur, après les remerciements d’usages dites par la déléguée des étudiantes, puis le discours du recteur de l’université et ses collaborateurs qui étaient unanimement séduits.
Puis vint le moment le plus émouvant de la cérémonie, lorsque du haut de son pupitre la déléguée des étudiantes, et au nom de tous ses collègues des langues et en guise de solidarité et de fraternité ont dédié cette collation à leur camarade, prénommé « Ghilas «, atteint d’une maladie orpheline.
Ghilas, a tenu à assister à cette cérémonie, après une autorisation de sortie de quelques heures prononcée par les médecins de l’hôpital de Déllys ou il était en soins intensifs.
Toute l’assistance était en larme, le geste était symbolique et chaleureux. Le recteur en personne a jugé utile de descendre de son estrade pour remettre l’attestation provisoire de succès en main propre à l’étudiant en présence de ses parents qui étaient très touchés par les marques de sympathie et de compassion et l’accueil réservé à leur enfant.
Puis ce fut le tour des remises des diplômes aux autres lauréats dans une atmosphère de joie et de chants et d’allégresse. La cérémonie s’est terminée par un buffet, de gâteaux et de boissons, dans la joie et la convivialité.
l.ouali juillet 2017
Adieu Ghilas ,Ghilas est décédé le lundi 14 août 2017 suite à sa maladie,il est enterré au cimetière de Dellys .

lundi 3 juillet 2017

La Vraie Richesse


La Vraie Richesse
Lorsque il sentait, la mort proche, l’homme rassembla à son chevet toute la maisonnée, sa femme, ses enfant jusqu’aux petits enfants. Comme il était toute sa vie un père de bon famille, il leur conseilla alors de suivre ses pas afin qu'ils puissent avoir la tranquillité d'esprit dans tout ce qu'ils font ...
Sa fille, sa cadette, du genre coquette, s’empressa de déclarer devant une assistance médusée : "Papa, excuses-moi de te le dire, mais je trouve malheureux que tu meurs sans centime, ni dans ta banque ni dans ta maison ; D'autres pères que vous taxiez de corrompus, de détourneurs de fonds publics, ont laissé des maisons et des propriétés pour leurs enfants. Regardez, notre maison dans laquelle nous vivons est un appartement loué, rien n’égaie notre vie moins l’esprit, ... Désolé, je ne peux t'imiter, ni suivre tes conseils, tu peux t'en aller, laisse-moi tracer ma propre voie ...
Quelques instants après, leur père rendit l’âme ...
des années passèrent, la cadette, qui a prit de l’âge, alla pour une entrevue d’embauche dans une entreprise multinationale. Lors de l'entretien, le président du comité lui demanda,
"votre nom me dit quelque chose, vous n’êtes pas par hasard la fille d’un untel ?
Elle répondit, "oui, je suis sa cadette ; et mon père n'est plus de ce monde..."
Le président coupa, "O mon Dieu, tu es sa fille ...?
" Il se tourna vers les autres membres, tout content et enchanté puis dit: "Cet homme c'est celui qui avait signé mon formulaire d'adhésion à l'Institut des administrateurs et sa recommandation m'a valu où je suis aujourd'hui. Il a fait tout cela gratuitement. Je ne connaissais même pas son adresse, il ne me connaissait pas. Il l'avait fait pour moi".
Il se tourna vers la fille, le cœur plein d’émotion et les yeux noyés dans les larmes "Je n'ai aucune question pour vous, considérez-vous comme ayant obtenu ce travail, venez demain, votre lettre vous attendra ..."
La cadette est devenue la directrice des affaires générales de la société avec deux voitures, chauffeurs, un duplex attaché au bureau, et un salaire moribond.
Plus tard, une opportunité se présenta, lorsque, le directeur général de l'entreprise qui se sentait malade avait besoin d’un remplaçant, était à la recherche d’une personnalité d’une grande intégrité .son choix s’est miraculeusement porté sur la cadette.
La cadette devint riche, respectée et prospère. Et lorsque on lui demanda dans une interview, le secret de son succès. Avec des larmes, elle a répondu:
«Mon père m'a pavé ces voies. C'était après sa mort, je savais qu'il était financièrement pauvre mais puissamment riche en intégrité, en discipline et en honnêteté».
Elle a été invitée à nouveau, pourquoi elle pleure car elle n'est plus un enfant pour continuer à lamenter son père après une si longue période ...
Elle a répondu: «Au moment de la mort, j'ai ingrate envers mon pére, je l’ai même insulté d'avoir été un honnête homme. J'espère qu'il me pardonnera. Je n'ai pas travaillé pour tout cela, je n’ai absolument rien fait, alors qu’il a tout fait pour moi, il a tracé le chemin afin que je puisse y marcher".
On lui a demanda encore :
"Est-ce que vous suivrez les pas de votre père?"
Et sa réponse simple était: «je n’ai découvert réellement mon père qu’après sa mort, J’adore cet homme, et je le respecte davantage. J’ai une grande photo de lui dans mon salon et à l'entrée de ma maison. Il mérite tout ce que j'ai après Dieu».
La grande leçon à retenir?
Laissez le bon héritage pour vos enfants, l’intégrité, l’honnêteté, et la peur de dieu
l.ouali juillet2017

dimanche 21 mai 2017

L'orpheline


L’orpheline
De son vivant, elle s’occupait pleinement de sa mère alitée depuis plus de quatre ans, atteinte de la maladie d’Alzheimer et de son unique fils qu’elle a vu naitre dans la douleur quand elle devint veuve à la fleur de l’âge. Elle n’a jamais était chanceuse dans la vie. Celle-ci lui était un symbole de défaite et avare de joie. Elle paraissait aux yeux des autres, orpheline d’amour et veuve de rêves.
Née dans la tourmente de la guerre, qui lui avait arraché par la suite à l’âge de six ans, son père qu’elle avait peu connu, mort les armes à la main. Puis marié jeune, un mariage de raison voulu par les parents et les grands-parents à l’ancienne, sans qui y est consentement et qui fini sans tarder par un divorce tout à fait prévisible et un enfant sur les bras. Elle avait accepté cette énième défaite sans vraiment chercher les raisons et sans comprendre pourquoi.
Elle était ainsi faite, notre cousine, peu loquace, dure avec elle même comme la vie l’à été avec elle, elle lui arrivait quelques fois de pleurer en cachette, et de se morfondre sur son sort comme tout être humain. Mais elle montrait tant de douceur avec ses semblables que toutes les vives peines s’effaçaient miraculeusement devant son sourire et son regard angélique. Elle ne cessait de dire :
-« Les jours s’en vont et je demeure, les joies viennent après les peines comme les jours après les nuits.je vois dans ce que dieu m’offre un privilège, un don de dieu, que je ne peux refuser, car à travers ces épreuves dieu voudrait tester ma patience ». Et moi par compassion du petit frère, j’entrai dans ses peines, et je partageais sa douleur.
Je ne me souviens pas de l’avoir vu se plaindre un jour, moi qui étais proche d’elle quoique qu’elle me dépasse de quelques années d’âge. Elle aimait bien me taquiner et surtout, mesurer sa force juvénile prodigieuse, hardie et conquérante, quasi herculéenne à mon énergie puérile débordante.
Toute fois, elle était affectueuse, généreuse dans ses propos et ses rapports, elle m’entourait de douceur et de la tendresse de la sœur que j’en avais pas. Nous partagions pas mal de choses en commun, pauvres, misérables, et orphelin de père, mais aussi liés par une complicité tissée tout au long de notre enfance et qui faisait de nous, presque, frère et sœur à part entière.
Nous dûmes nous séparer par des circonstances qui ne dépendaient pas de nous.moi encore enfant, je rejoignais ma mère et mes frangins partis, résider dans la grande ville. Elle, resta au village auprès des siens .nous nous renvoyâmes tous ensemble le temps des grandes vacances d’été et des réunions de familles.
Quand sa mère fut atteinte par la maladie, elle accepta encore, et avec courage ce coup du sort et cette fatalité qui s’acharnait sur elle. Elle s’attela alors à donner soins et affection à sa mère comme elle ne l’a jamais fait. Et dieu sait combien cette besogne est astreignante et pénible du point de vue moral et physique.
Il faut aller chercher cette énergie et cette volonté pour s’occuper d’un malade alité et que ni la médecine, ni même les prières ne pouvaient lui redonner santé. Une maladie qui lui faisait perdre la tête, entrait dans un état mélancolique pour finir au délire, aphasique, grabataire, anorexique, et tributaire, tantôt sur le fauteuil à oreillettes, tantôt allongée sur le lit, sans oublier de lui changer continuellement et inlassablement de positions pour éviter les plaies de lit et cela pendant quatre longues années durant.
Elle ne resta pas là, car elle est allé puiser au plus profond de ce qu’il lui restait comme force pour prendre en charge deux tantes maternelles, toutes deux dépendantes , l’une atteinte de cécité, et l’autre terrassée par un accident vasculaire cérébral.
Et lorsque elle su qu’elle était atteinte à son tour d’un mal incurable, implacable, avec son échéance fatale, se sachant condamnée. Elle ne se désarma pas, elle décida de tirer le meilleur du temps qui lui restait à vivre et en faisant vœu d’aller au bout de sa mission, enterrer sa mère et ses deux tantes.
Le six mai 2017, notre cousine décède après une longue lutte contre la maladie à l’âge de 61 ans, après quelques mois prés de la mort de ses tantes et à 15 jours seulement de celui de sa mère.
Elle s’exprima de son vivant : - «maintenant, Je peux mourir tranquillement, car j’estime avoir accompli la mission que dieu m’a confié sur terre »
l.ouali mai 2017< />

mercredi 10 mai 2017

le passé


C’est dans le passé qu’on vit notre présent, et qu’on construit notre avenir.il est le miroir de tous nos événements, car comme disait l’autre, les peines du temps présent seraient bien peu de chose, si elles ne nous rappelaient pas le souvenir des plaisirs du temps passé. Nous ne nous plaignons de ce qui est, que parce que nous regrettons ce qui n’est plus.
Le passé immédiat, proche, lointain, immémorial, l’homme essaie désespérément de maintenir le passé dans sa mémoire car les souvenirs sont une projection du passé dans le présent .il retourne inévitablement à son passé et cherche inéluctablement à le faire revivre dans ses plus beaux aspects comme si guidé par une mystérieuse voie, on revenait souvent s’abreuver à la source de jouvence ou pour écouter la merveilleuse mélodie d’enfance qui nous a tant bercer afin de continuer à vivre.
Le passé charmant, heureux, tranquille, héroïque, glorieux, honorable, inoubliable, sont des souvenirs qui nous parlent et qui nous gouvernent, ils remontent inexorablement en surface pour nous inviter à tirer profit de notre mémoire, et des réservoirs de bonheur.
Le passé de note village, et de tout ce qui l’entoure n’est pas construit avec des diamants et des pierres précieuses, mais juste un simple village fait d’hommes et de femmes comme tant d’autres, le pays des montagnes et de pierres debout. Ce village célèbre à un passé historique que le présent renouvelle sans cesse.
Je cherche à travers mes écris, photos, vidéos, le passé, pour revivre mon présent qui n’aura sa vraie mesure future qu’a la condition de regarder de temps à autre en arrière.
C’est pour cette raison que je réveille le passé endormi, oublié pour mieux apprécier le présent et croire à un futur meilleur.